"Trop marteaux pour être le clou du spectacle"

24 avril 2009

Musique + dessin : Chromatiks - "À la Conquête de l'West"


La couverture dessinée par votre serviteur


Alléluia mesdames et messieurs ! Le projet sur lequel je travaille en ce moment arrive gentiment à terme. Moi qui ai l'habitude de travailler avec des artistes Hip-Hop, quelle ne fut pas ma surprise quand le producteur Chromatiks me demanda une bande dessinée pour son album À la Conquête de l'West. En temps normal, les artistes rap veulent tous des visuels et des dessins résolument urbains et "rue" comme on dit dans le jargon. Alors quand l'une de ces personnes vient à ma rencontre et me dit qu'elle aimerait une accroche visuelle débile, j'avoue avoir sauté de joie. Parce qu'à force de collaborer avec des rappeurs des quartiers les plus mal famés de New York, j'avais peur de ne plus voir la lumière du soleil.

Pour en revenir concrètement sur ce projet de Chromatiks, il s'agit d'une compilation de Rap Westcoast. Mais qu'est-ce c'est que ça me demanderez-vous ? C'est tout simplement ce genre de Rap gorgé de basses lourdes et vrombissantes, très marqué par la Funk et l'utilisation du talkbox à la Parliament Funkadelic. Et vu que ledit genre se veut aussi "Funk" que "Gangster", on fait la contraction des deux mots pour donner "G-Funk". Vous voulez des noms des représentants du genre ? Snoop Dogg ou encore Dr.Dre à une certaine époque.

Reflet ô combien explicite du style de vie californien, la musique Westcoast et G-Funk est la plus souvent associée au soleil, à la consommation de substances psychotropes, mais aussi aux house parties où les membres de gang se trémoussent sur la piste avec un 9mm à la ceinture. Tout un tableau...

À la Conquête de l'West comprendra des collaborations de Genève, mais également de plusieurs endroits de la France. Mais surtout, tous les dessins sont de votre serviteur, et la jaquette contient une bande dessinée couleur de dix pages faite par mes soins.

Le projet sortira fin mai et sera distribué au Japon, mais vous pouvez toujours passer commande à Chromatiks en lui écrivant (chromatiks@yahoo.fr) ou passer par moi. Je garderai quelques exemplaires que je vendrai dans les alentours au prix de 20.- CHF.

Supportez les artistes locaux et indépendants. Car de un, on ne vous sert que des bonnes choses. Et de deux, une aide financière est toujours la bienvenue hahahahahahahaha.

_Holla Back

MySpace de Chromatiks

MySpace de Tuân

Trailer de la compilation "À la Conquête de l'West"


Chromatiks
envoyé par FarEastOnlineStore

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17 avril 2009

Réalisation : films maisons

Se trouver au sein d'une structure indépendante est souvent synonyme de petits moyens financiers. Et donc de moyens du bord. C'est donc en suivant cette logique que mes collègues et moi-même nous nous lançons dans la réalisation de films pourris. Le nom de notre collectif ? Ca fait depuis dix années qu'on le cherche...

Pourris, car faits à l'arrache, sans aucune technique ni réflexion, mais avec beaucoup de cœur. C'est sur cette lancée que s'inscrit notre dernier projet : Yuki's the Best, film retraçant la rencontre et le mariage de Yuki Kamata et Lionel Fatton (deux amis qu'on aime beaucoup), le tout selon notre imagination.

Et comme le hasard fait souvent bien les choses, il se trouve que Yuki's the Best marque nos dix années de films amateurs. Je vous invite donc à regarder notre premier film pourri qui date de 2000 : Aubry le Vagabond. Sa particularité ? Il a été filmé par mes soins en un coup c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de montages par la suite. Le montage sonore et les voix ont été rajoutés après, procurant un charme particulier à ce premier essai. Détail amusant : les voix des doubleurs ne sont pas celles des acteurs... Un joyeux méli-mélo vous dis-je.

Enfin voilà, prenez vingt minutes de détente en compagnie d'Aubry le Vagabond (2000) et Yuki's the Best (2008).

Des films de merde ? Certes. Mais jamais la merde n'a eu aussi bon goût.

_Holla Back


"Aubry le Vagabond 1 : les Racailles du 12-90" (mars 2000)
envoyé par 21andgone


"YUKI'S THE BEST" (2008)
envoyé par 21andgone

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16 avril 2009

Création : Art.10

Art10


Article 10

Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière.


Extrait de la convention européenne des Droits de l’Homme dans un premier temps, puis remanié par Julien Bourdeille et Patrick Csajko dans un second, cet article 10 se mute en « Art.10 » dans l'imagination des deux artistes. Car par Art.10, on peut également entendre « art this » ou tout simplement « artist ». Le message est clair. Le nom du collectif du jeune duo est tout trouvé.

Art10



Après avoir sympathisé lors de leurs études à l’école de photographie de Vevey, Julien et Patrick décident de joindre leurs forces en montant leur propre structure de création : Art.10. Et bien que la photographie soit leur spécialité, ils décident d’élargir leurs compétences en se penchant sur l’infographie, la réalisation, mais également... le textile ! Et après quelques années d’acharnement, les voilà qui collaborent avec les Transports Publics Genevois, ou encore avec rappeur français Disiz la Peste pour son dernier clip.

Comme quoi, même si on est trop marteaux pour être le clou du spectacle, les choses finissent toujours par payer. N'est-il pas ?

_Holla Back

Site Art.10


Dj Vincz Le feat Disiz - Danse
envoyé par vinczlee


Daz-Ini - Le Magicien
envoyé par Toki_Brewster

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15 avril 2009

Musique : Lilam04 - "Vous êtes bien au 47 - Vol.1"

http://mahokayacan.free.fr/sortie/Lilam04-Vous-etes-bien-au-47-vol-1.jpg

On pourrait croire que le rap genevois flirte surtout avec le rap américain, mais on oublie souvent qu'une vibe plus française sévit dans nos contrées. Lilam04, sans pour autant être une copie carbone de quoi que ce soit de franchouillard, s'inscrit dans cette lignée. L'enfant terrible de Marrakech échoué à la Servette (avenue 47 pour être plus précis) rejoint son associé et producteur de longue date Alayande pour un CD encore plus cataclysmique que le Déluge. Vous êtes bien au 47, c'est juste de la sauvagerie pure et dure, Bagdad sous les bombes, une mise en exergue de l'écirutre violente et du flow écorché vif d'un Lilam04 désabusé (écoutez Violence, un de ces morceaux qui en veut au monde, ou encore Rien qui change). Accompagnée par des arrangements musicaux synthétiques et électroniques fournis par Rams, 7.cro et l'inévitable Alayande, Vous êtes bien au 47 se veut l'ami du clavier et des sonorités frénétiques.

Cependant, en dépit d'une apparente brutalité musicale, les propos du jeune rappeur genevois d'origines marocaines se veulent plus revendicatifs qu'agressifs, et bien plus sensés qu'on ne pourrait le penser à la première écoute, ce qui donne des titres comme Crois pas avec Basengo, Chez moi (plus blédard tu meurs) et le mélancolique J'repense au passé. Rempli de phases aussi inflammables qu'un puits de pétrole d'Afrique subsaharienne, parfois bien "j'men foutiste" et introspectif, ce Vous êtes bien au 47 remplit parfaitement son office : nous faire patienter avant l'album Itinéraire d'un enfant déçu. Et si vous n'avez rien contre le goût du sang et la fin du monde, il y a de fortes chances pour que cette galette soit faite pour vous.


_Holla Back


MySpace de Lilam04

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Musique : Karim Malikk

http://i108.photobucket.com/albums/n13/layanraw/Karimmalik-dmesenmes-1.jpg

Alors qu'on l'avait connu plus proche d'un Trae que du rappeur moyen du Larzac, Karim Malikk, rappeur vivant entre Genève et Montpellier (géographiquement) et Oran et Houston (artistiquement), s'est décidé de changer la donne pour son album D'Âme en Âmes. "Sur mixtapes, j'ai souvent repris des beats Down South parce que ce sont des sons que je kiffe", explique Karim Malikk, "Mais pour mon album j'ai opté pour l'éclectisme et la musicalité. Le résultat final me correspond bien plus". Dès lors, on s'étonne moins du fait que les ambiances sonores D'Âme en Âmes passent aussi bien du "son énervé au son plus doux" comme nous le confie un Karim Malikk qui rappe, chante, et toaste. Autant de formes d'expressions vocales qui rentrent en accord avec le titre de ce premier album : "D'Âme en Âmes met en avant une forme d'écriture à la fois simple et profonde. L'utilisation du mot "âme" fait référence au fait que celle-ci est informelle et peut être partagée avec tous, sans aucune barrière. C'est par extension ma définition de la musique". Enregistré à Genève au Studio 34, ce partage musical proposé par notre artiste est mis en musique par lui-même, mais également par d'autres figures locales telles que Chromatiks, Shaka, Alayande et Tizméprod. Et concernant l'arrivé du CD en nos lieux, "après de nombreux soucis et une sortie prévue pour septembre 2008, le disque sortira enfin en France et en Suisse durant le mois de juin 2009".


Propos recueillis par Holla Back

MySpace de Karim Malikk

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14 avril 2009

Dessin : Iron Georges

http://www.hebdo.ch/img/articles/667/HipHop_701.jpg

Pionnier du mouvement hip-hop suisse, Steven alias Serval fait du graffiti depuis 1992. Son livre illustré Iron Georges est une fable dans laquelle les voix des animaux sont celles de rappeurs célèbres. Rencontre.


Comment est né le projet Iron Georges ?
Serval : Iron Georges est avant tout inspiré d’une fable de la Fontaine : La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. La maison d’éditions Kouma m’avait contacté il y a deux ans pour que je fasse un livre. Et vu que j’aime bien dessiner des animaux et lire des fables à mes enfants, j’ai décidé de détourner une fable avec mon ami GR! qui s’est chargé du texte.

Pourquoi avoir repris une fable ?
S : Les fables ont des morales intemporelles et souvent crues. Nous sommes actuellement dans un monde qui refuse de montrer la réalité aux enfants. Ces histoires rappellent juste que la cruauté et la mort sont des choses avec lesquelles il faut vivre. La morale de la fable de la grenouille et du bœuf est aussi liée à ma vision du hip-hop, un milieu où les gens sont souvent vaniteux.

Iron Georges se lit et s’écoute. Peux-tu nous expliquer ce concept ?
J’ai toujours adoré les livres pour enfants de Disney. À l’époque, ils étaient vendus avec une cassette sur laquelle voix et musiques étaient enregistrées. Pour Iron Georges, je voulais proposer la même chose avec une esthétique urbaine, à la fois visuelle et musicale : le graffiti pour les yeux, et le rap pour les oreilles.

Les voix des personnages d’Iron Georges sont celles de rappeurs célèbres. Comment les as-tu choisis ?
Shurik’n (IAM) par exemple était très intéressé car il trouvait le projet original. Sinon, je n’ai pas choisi les rappeurs en fonction de leur notoriété, mais de leur voix. Shurik’n est un grand rappeur mais surtout un conteur. Il est devenu naturellement le narrateur d’Iron Georges.

Quels sont tes projets à venir ?
Iron Georges était ce que je voulais montrer il y a deux ans même si le livre vient juste de sortir. Il s’agit de savoir ce que j’ai envie de montrer maintenant. J’avoue que la bande dessinée m’inspire assez ces derniers temps.

Propos recueillis par Holla Back


Interview de Serval et GR! au sujet d'Iron Georges
envoyé par iron_georges

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Musique : Marekage Streetz


Marekage Streetz est un collectif de rap genevois actif depuis 2004, et qui s’apparente -à bien des égards- à une partie de Cluedo où les règles seraient pour le moins… inexistantes. Car à bien y regarder, on retrouve quelques éléments communs entre le célèbre jeu d’enquête et ce rassemblement d’artistes : il y a bien un lieu du (c)rime, des indices parsemés ci et là, et surtout une belle brochette de suspects.


Le lieu du crime : Plainpalais, à Genève. Tout le monde connaît sa Place du Cirque, mais beaucoup ignore que les meilleurs numéros du coin sont du fait des saltimbanques de Marekage Streetz. Plus habitués aux recoins insalubres de Plainpalais, et par extension de la Jonction, les rappeurs de cette joyeuse clique évoluent tel un banc de poissons parmi des eaux troubles et une flore insalubres.

Les suspects : forts nombreux, mais on retrouve principalement A’s, White et Berek (anciens membres du groupe Paintball), Mr.Bil et Deme (formant 8.6 Karats), Bali, Deza’Roi, DJ Mesk… En bons collègues de quartier, leur rencontre s’est faite le plus naturellement du monde, un peu à la manière du Rhône et de l’Arve situés non loin de chez eux. Ce rassemblement de fortes têtes fait de Marekage Streetz un collectif plus qu’un groupe, une association d’individualités plus qu’un simple rassemblement de membres.

Les indices : hormis les mégots et les cadavres de bouteilles suivant leur passage (par le plus grand des hasards), seules quelques livraisons faites sous le manteau leurs sont clairement attribuées. Parmi celles-ci, « Comme un Poizon dans le Rhône » (2007), leur première galette commune sortie en indépendant ; suivie de « La Kaban 1408 » (2008), de « J’encule le Monde » (2008) de Mr.Bil, et de « Sur un Nerf Marekageux » (2008) de A’s et Deza’Roi.

En bons rimeurs du chaos, dont les propos nihilistes auraient certainement inspirés Friedrich Nietzsche, les gens de Marekage Streetz se veulent les témoins rappologiques d’un quotidien sordide mêlant l’univers des frères Cohen à celui de Quentin Tarantino et de George Romero. Pour le meilleur, et surtout pour le pire.

Alors que certains pensent que Dieu s’est reposé au septième jour de la Création, d’autres vous répondront qu’il a en fait inventé le chômage. C’est un peu ça Marekage Streetz : une façon de pensée et un style de musique décomplexés.

_Holla Back

Site Marekage Streetz


Marekage Streetz A's et Mr bil, Welcome to la merde
envoyé par Vincenzo05

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Musique : Cenzino Il Malcinconico

 

           

Artiste aux origines se situant entre la Suisse et l’Italie, Cenzino est marqué par un éternel dualisme, aussi bien au niveau de ses origines se trouvant quelque part entre une Naples historique et la "Rome protestante" qu’est la ville de Genève.

 

Éduqué musicalement par sa mère et son père, entre la musique française et les sonorités afro-américaines, puis finalement charmé par la rencontre entre la prose et le rythme signifiée par le rap, le jeune italo-suisse s’essaye à douze ans au dur exercice de rythmer ses écrits, et découvre au même moment les artistes phares du rap français d’entre ’94 et ’97 comme Fabe ou IAM.

 

Emprisonné par la Mélancolie depuis ses jeunes années, Cenzino parvient à s’enfuir de sa cellule faite de proses en couchant celles-ci sur papier, et en les façonnant afin de les rapper sous le persona du Malinconico, reflet théâtral et tragique derrière lequel le rôle et le personnage de Cenzino Il Malinconico se confondent.

 

Le Malinconico, Pierrot funèbre et funeste, s’avère être un encrier débordant d’amertume où la plume de notre rappeur vient s’échouer et s’abreuver inlassablement. Ainsi, on découvre à l’écrit et à l’écoute des pistes qui ne demandent qu’à être explorées sans se dévoiler.

 

_Holla Back


MySpace de Cenzino


Cenzino & Eriah - Concert Traverse Part. 1
envoyé par Cenzino-Management

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"Trop marteaux pour être le clou du spectacle"

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenu sur ce blog !

 

Commis dans le cadre du séminaire de Société et presse écrite du master en sciences de la communication et des médias, ce blog aura pour but de vous présenter des artistes indépendants ayant soit un pied dans l'image, soit dans le son (soit les deux aussi...). D'où le nom Trop marteaux pour être le clou du spectacle : de par leurs statuts indépendants, les gens dont je vais vous parler disposent d'autant de liberté artistique que de non-reconnaissance du mainstream de l'entertainment local.

 

Et qui de mieux qu'un proche de ces personnes pour en parler ? En tous les cas, bienvenue dans ce joyeux univers où rêves de gamins se mêlent à de la poudre de Beretta.

 

_Holla Back



Photo : Aubred

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